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Grce : Accord pour relancer le plan d'aide avec participation du FMI
 
 
Mise à jour : 19-06-2017
 
Les créanciers de la Grèce, zone euro et FMI, sont parvenus jeudi soir à un compromis pour relancer le plan d'aide à Athènes, qui patinait depuis des mois, ce qui permet le versement d'argent frais et écarte le spectre d'une nouvelle crise.
Les Grecs n'obtiendront pas, dans l'immédiat, les mesures d'allègement de leur dette colossale (179% du PIB) qu'ils réclament depuis des mois, mais la zone euro leur a apporté "des précisions" sur ce qui pourrait leur être accordé plus tard.
"Je suis heureux d'annoncer que nous avons conclu un accord sur tous les éléments", s'est félicité Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone euro, à l'issue d'une réunion en présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Cette dernière a immédiatement annoncé son intention de proposer à son institution sa participation de principe, aux côtés de la zone euro, à ce plan d'aide, mettant fin à des mois de désaccords sur cette question.
L'accord conclu jeudi soir, qui ne faisait guère de doute étant donné l'optimisme unanime affiché avant la réunion, constitue un véritable soulagement pour la zone euro. Il permet de relancer enfin le troisième plan d'aide au pays de 86 milliards d'euros, signé en juillet 2015, qui bloquait à cause de divergences entre des membres de la zone euro --essentiellement l'Allemagne -- et le FMI.
Le nouveau déboursement accordé à la Grèce, qui s'élève à 8,5 milliards d'euros, lui permettra ainsi de rembourser in extremis plus de sept milliards d'euros de créances dues en juillet, repoussant le risque d'une crise estivale. "Nous avons réussi a trouver un accord global qui va permettre à la Grèce de tourner la page d'une période si difficile", s'est réjoui le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, les Grecs ayant mené ces dernières années de douloureuses réformes pour satisfaire leurs créanciers.
 
Deuxième meilleure solution
Pour parvenir à un compromis, le FMI a accepté d'adoucir ses exigences: il donne son "accord de principe" à sa participation au plan d'aide, comme le réclamait l'Allemagne, mais il ne déboursera pas un centime tant que les Européens n'auront pas formellement accordé à la Grèce un allègement de sa dette, qu'il jugent insoutenable.
En d'autres termes, le FMI accepte de renvoyer à plus tard les discussions sur la dette grecque, dont Berlin ne veut pas entendre parler avant les élections législatives de septembre, pour permettre ce déboursement à la Grèce. "Personne ne dit que c'était la meilleure solution" mais "c'est la deuxième meilleure solution", a déclaré Christine Lagarde. "Le programme est approuvé en principe, mais le déboursement n'aura lieu qu'une fois qu'un allègement de la dette aura été complètement identifié", a-t-elle insisté, précisant que le FMI participerait à hauteur de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros). En signe de leur bonne volonté et afin de satisfaire la Grèce, les ministres de la zone euro ont accepté de donner "des précisions" sur les mesures d'allègement possibles de sa dette "à la fin du programme" en 2018, mais "à condition que celui-ci ait été mis en œuvre avec succès", a précisé Jeroen Dijsselbloem. "Il y a plus de clarté à l'issue de cet Eurogroupe à la fois pour le peuple grec et les marchés financiers", s'est satisfait le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos. "Cet accord a été rendu possible grâce à l'état d'esprit positif de chacun des acteurs autour de la table", a estimé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Ce dernier est arrivé à l'Eurogroupe avec une proposition qui a selon lui "été un facteur de compromis pour l'ensemble des parties": un mécanisme permettant "d'adapter le rythme des remboursements de la Grèce à ses capacités de paiements", c'est-à-dire à sa croissance. "Nous nous dirigeons maintenant vers les dernières années du programme de soutien financier à la Grèce", a souligné M. Dijsselbloem.
"Nous allons préparer une stratégie de sortie pour permettre à la Grèce de tenir à nouveau sur ses jambes dans le courant de l'an prochain", a-t-il conclu.
 
La balle dans son camp
Le gouvernement grec affichait vendredi sa satisfaction après l'accord conclu avec les créanciers, mais pour les analystes le compromis trouvé renvoie la balle aux Grecs, qui devront faire de nouveaux efforts pour sortir de la crise. La relance par l'Eurogroupe du plan de redressement "ouvre la voie pour le retour sur les marchés", "pour la sortie définitive de la crise", s'est félicité vendredi soir le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors d'un bref message télévisé. Les créanciers, UE et FMI, ont envoyé aux marchés "un clair signal de confiance(...) nous pouvons désormais rester sur nos pieds et nous allons y arriver", a-t-il assuré. Cette lecture était toutefois nuancée par les analystes, alors que M. Tsipras a bataillé pendant des mois pour arracher la garantie d'un allègement de la dette grecque, consentant pour ce faire à un énième durcissement, jusqu'en 2022, de la purge budgétaire infligée au pays depuis 2010. 
 
Partie nulle mais gérable
Le risque d'un Grexit "a encore été réduit" mais M. Tsipras "n'a rien gagné", "la balle est revenue dans le camp grec", à charge pour le pays de s'extraire du marasme, estime pour l'AFP le directeur du think tank Iove du patronat grec, Nikos Vettas. Il juge toutefois la situation "politiquement gérable" pour M. Tsipras du fait de "l'immense lassitude" des Grecs et de l'absence d'alternative politique discernable. A la question revenant en boucle sur les médias grecs vendredi du "verre à moitié plein ou à moitié vide", Panayotis Petrakis, professeur d'économie à l'Université d'Athènes apporte aussi une réponse balancée.  "L'accord est positif et permet d'aller de l'avenir", affirme-t-il. Avant d'ironiser sur "l'avenir miraculeux" se dessinant selon lui pour la Grèce après la décision de l'Eurogroupe, qui fixe des objectifs budgétaires élevés au pays jusqu'en ... 2060. "Il y aura beaucoup de choses à faire" pour tenir ces engagements" et "beaucoup de questions ont été laissées en suspens", sur la dette, ajoute-t-il. Au titre des avancées, M. Petrakis cite l'adoption par la zone euro du plan français liant un éventuel allègement sur la dette aux performances de croissance, ainsi que le déblocage d'une tranche de prêts plus importante que prévu.
De quoi, selon lui, permettre de réinjecter des liquidités dans l'économie, une fois remboursés les quelques 7 milliards de créances dues en juillet, et compenser le renvoi à plus tard des perspectives d'inclusion de la Grèce dans le programme d'assouplissement qualitatif (QE) de la Banque centrale européenne.
 
Pas définitif
Le président français Emmanuel Macron a salué vendredi "le bon accord" conclu la veille entre la Grèce et ses créanciers pour éviter à Athènes une nouvelle crise, tout en soulignant que cet accord n'était "pas définitif". "Il était important d'avoir cet accord, à ce stade, pour avoir les financements nécessaires et accompagner la Grèce dans les réformes qu'elle vient d'accomplir et qui étaient des réformes difficiles", a déclaré le président de la République lors d'une conférence de presse commune avec le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, à l'issue d'un déjeuner à l'Élysée. Ce dernier a également salué "un accord très positif". "La Grèce doit respecter ses engagements. Je crois qu'elle fait un grand effort dans ce sens, qu'elle travaille bien", a relevé M. Rajoy. Après des semaines de désaccords et des retards à répétition, les créanciers de la Grèce, zone euro et FMI, se sont entendus jeudi sur le versement d'argent frais à Athènes, écartant le spectre d'une nouvelle crise. Les Grecs n'obtiendront pas, dans l'immédiat, les mesures d'allègement de leur dette colossale (179% du PIB) qu'ils réclament depuis des mois, mais le nouveau déboursement accordé à la Grèce, qui s'élève à 8,5 milliards d'euros, lui permettra de rembourser in extremis plus de 7 milliards d'euros de créances dues en juillet, repoussant le risque d'une crise estivale. M. Macron a d'ailleurs lui-même tenu à souligner que "cet accord", conclu "au niveau des ministres des Finances", n'était "pas définitif". "Plusieurs propositions techniques durant ces semaines de discussions ont été faites. La France en a portées" mais "il nous faudra de toutes façons dans les prochains mois, revenir sur le sujet de la Grèce. Et immanquablement les solutions que la France a pu proposer pour aller au-delà reviendront", a-t-il expliqué.
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a de fait éloigné cette perspective en réitérant à l'issue de l'Eurogroupe qu'en l'état, la dette grecque n'était pas viable.  Pour M. Vettas toutefois, la porte a été entrouverte pour une telle percée, dont M. Tsipras a longtemps fait une priorité pour amadouer marchés et investisseurs, "après l'été".  La BCE a de fait salué une "première étape en vue d'assurer la soutenabilité de la dette". Mais le flou de la dette du pays ne lui permet pas d'intégrer le programme de rachat de dettes (QE) de la BCE, a indiqué vendredi une source financière. "Nous avons besoin de plus de clarté sur la dette avant d'inclure la Grèce dans le programme de rachat d'actifs", a indiqué cette source. 
 
Menace de Madrid 
Madrid a menacé vendredi d'opposer son véto au déboursement d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes si la justice grecque ne cesse pas ses poursuites contre trois experts des privatisations, dont un Espagnol, chargés de conseiller la Grèce. "Le déboursement de l'aide à la Grèce va être bloqué" si la justice grecque ne cesse pas ses poursuites, a martelé le ministre espagnol des Finances, Luis de Guindos, en arrivant à une réunion des 28 grands argentiers à Luxembourg. M. de Guindos a indiqué que lui-même et son homologue italien Pier Carlo Padoan avaient cela "très clairement" lors d'une réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro jeudi, à l'issue de laquelle a été décidé le principe d'un déboursement de 8,5 milliards d'euros d'aide à la Grèce.
Cette affaire concerne trois experts, un Espagnol, un Italien et un Slovaque, conseillers pour l'Agence grecque des privatisations (Taiped), créée dans le sillage de la crise de la dette en 2011. La justice grecque avait engagé des poursuites contre ces derniers après des irrégularités dans la vente de 28 propriétés immobilières de l'Etat grec. Depuis 2016, une loi garantit une immunité aux experts étrangers assistant la Grèce, mais elle n'a pas d'effet rétroactif. Le déboursement des 8,5 milliards d'euros d'aide à la Grèce doit encore recevoir l'aval du conseil des gouverneurs du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) --fonds de sauvetage de la zone euro--, dans lequel siègent les 19 grands argentiers de la zone euro. Ce versement d'argent frais doit permettre à Athènes de rembourser in extremis plus de sept milliards d'euros de créances dues en juillet. M. de Guindos a réclamé avant le feu vert au déboursement "une solution définitive sur la situation des trois experts". La procédure contre eux est "totalement inadmissible", a-t-il dit.  "Nous allons trouver une solution en temps voulu, nous ferons tout ce qui est possible dans le cadre des limites de l'Etat de droit et dans le respect de l'autorité de la justice", a réagi auprès de l'AFP une source gouvernementale grecque. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a de son côté manifesté un certain soutien à son confrère espagnol. 
"Nous avons envoyé ces experts pour qu'ils conseillent le fonds de privatisation", a-t-il dit. "Il leur avait été promis dès le départ l'immunité", a ajouté le grand argentier allemand, pour qui ce genre d'assurance doit être tenu. "Personne ne s'immisce dans l'état de droit grec", a-t-il ajouté, battant en brèche toute accusation potentielle de tentative d'influencer la justice de ce pays.
Synthèse Mustapha S.
 
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