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Iran : Téhéran ne prolongera pas son ultimatum, les Européens ont moins de trois semaines
 
 
Mise à jour : 20-06-2019
 
Les autorités iraniennes ont prévenu mercredi que le délai de 60 jours donné aux puissances européennes signataires de l'accord de juillet 2015 sur le programme nucléaire de la république islamique ne serait pas prolongé.
 
Passé ce délai, qui expire au 8 juillet, l'Iran commencera à enrichir de l'uranium à des degrés supérieurs aux limites fixées par le Plan d'action global commun (PAGC) négocié par l'Iran et les puissances du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne - et l'Allemagne).
Le 8 mai dernier, un an jour pour jour après le décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord de 2015, Téhéran a suspendu une première série de ses engagements et a donné 60 jours aux autres signataires pour mettre en œuvre leurs promesses de protéger l'Iran contre les sanctions de Washington.
"Le délai de deux mois fixé par l'Iran aux signataires restants du PAGC ne pourra pas être prolongé, et la seconde phase sera mise en œuvre exactement comme prévu", a déclaré le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behrouz Kamalvandi, cité par l'agence de presse Tasnim.
La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, les trois signataires européens de l'accord, préparent une nouvelle initiative diplomatique pour tenter de préserver le texte durement négocié avec Téhéran, a-t-on appris de source diplomatique.
Mais les chances de succès de la "troïka" européenne, à l'origine du lancement des négociations avec l'Iran dès 2003, semblent limitées.
Des discussions sont néanmoins prévues avec Brian Hook, responsable du dossier iranien au département américain d'Etat, le 27 juin à Paris.
Les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens pourraient aussi se rendre à Téhéran, même si ce déplacement n'est pour l'heure qu'une option.
L'Iran a annoncé lundi qu'il dépasserait dans les dix jours le plafond de 300 kg d'uranium faiblement enrichi qu'il est autorisé à stocker en vertu de l'accord de 2015.
A Washington, un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche a dénoncé un "chantage nucléaire" et les Etats-Unis ont annoncé le déploiement de 1.000 soldats supplémentaires dans le Golfe, où les tensions ont déjà été exacerbées par les attaques subies par des pétroliers, mi-mai puis le 13 juin dernier.
 
L'Iran dit ne pas vouloir la guerre
"L'Iran ne veut faire la guerre à aucun pays", a assuré le président Hassan Rohani, au lendemain de l'annonce de l'envoi de renforts militaires américains au Moyen-Orient. "Nous avons en face de nous un groupe de dirigeants avec une très faible expérience", a-t-il poursuivi. "Malgré tous les efforts des Américains dans la région et leur volonté de couper tous nos liens avec le monde pour isoler l'Iran, ils ont échoué." La crainte d'une confrontation armée entre l'Iran et les Etats-Unis s'est accrue depuis les attaques, la semaine dernière, de deux pétroliers dans le golfe d'Oman, près du détroit d'Ormuz.
Les Etats-Unis accusent les autorités iraniennes d'en être responsables, ce qu'elles nient. Le secrétaire américain à la Défense par intérim Patrick Shahanan a annoncé lundi le déploiement d'un millier de soldats américains au Moyen-Orient pour une mission défensive visant à répondre, selon lui, à une menace de l'Iran.
Dans une interview accordée au Time Magazine, Donald Trump semble aussi minimiser l'hypothèse d'une réponse militaire aux attaques de pétroliers, dont il juge l'impact "mineur".
Interrogé sur sa réaction si l'Iran cherchait à obtenir la bombe atomique ou à bloquer le détroit d'Ormuz, il répond: "J'interviendrais certainement (militairement) pour l'arme nucléaire, pour le reste la question reste posée."
Dans cette période de tension, l'Iran a annoncé lundi qu'il dépasserait la semaine prochaine le plafond d'uranium faiblement enrichi qu'il est autorisé à stocker aux termes de l'accord de 2015 sur son programme nucléaire. Téhéran a cependant souligné que les pays européens pouvaient encore sauver l'accord.
"Nous faisons tout notre possible pour que l'Iran respecte (l'accord sur le nucléaire)", a répondu mardi la chancelière allemande Angela Merkel. "Si ce n'est pas le cas, cela aura bien sûr des conséquences."
La Russie a demandé de son côté aux Etats-Unis de renoncer à ses "projets provocateurs" et à ne pas déployer d'autres soldats au Moyen-Orient.
Le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a rappelé que son pays n'avait cessé de mettre en garde Washington et ses alliés régionaux contre la tentation d'"alimenter de façon irréfléchie et imprudente les tensions dans une région explosive".
"Nous assistons aujourd'hui aux tentatives américaines d'augmenter les pressions politiques, psychologiques, économiques et même militaires sur l'Iran, d'une manière vraiment provocatrice", a affirmé Sergueï Riabkov.
"Ce comportement ne peut être considéré que comme un moyen délibéré de provoquer une guerre", a-t-il ajouté.
Si les Etats-Unis ne veulent pas la guerre, a-t-il insisté, "ils doivent le prouver en n'envoyant pas de renforts militaires" au Moyen-Orient.
La Chine a également fait part de ses "vives inquiétudes" face à ce regain de tension et a appelé toutes les parties à la modération afin de ne pas "ouvrir la boîte de Pandore". Pékin a dénoncé les "politiques unilatérales" et a notamment appelé Washington à "revenir sur ses méthodes de pression".
 
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