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2008-05-03
Alors que les prix continuent de grimper
  Une Opep du riz se prépare en Asie
 

 

 

Le prix du riz continue de grimper à un rythme vertigineux . Les proportions de la pénurie actuelle prennent une
tournure dramatique et quasiment jamais vues en temps de paix depuis un siècle. Conjuguée aux autres hausses des prix des denrées agricoles, la pénurie contribue ainsi au développement d'une véritable crise alimentaire mondiale. Le prix du contrat futur a grimpé de 80% depuis le début de l'année. Il a même récemment touché les 25 $ le demi-quintal après une hausse de 20% juste pour le dernier mois écoulé. Les analystes spécialisés parient même que le prix devrait rapidement atteindre les 30 $ malgré des prises de bénéfice inéluctables sur un marché atteint à la fois par un déséquilibre profond entre l'offre et la demande mais aussi par la spéculation financière. Un des produits les plus demandés, le riz blanc de référence thaïlandaise de catégorie B, a dépassé les 1 000 dollars la tonne et ne devrait pas s'arrêter là, selon les traders et les exportateurs. Les Philippines, gros importateur de ce type de riz, pourraient à elles seules faire monter les prix de 30% d'ici le mois de juin, selon les exportateurs thaïlandais. La flambée des prix du riz est certainement une malédiction pour des millions de consommateurs. Mais une aubaine pour les exportateurs. Ces derniers viennent même de réaliser qu'ils peuvent tirer profit de la crise actuelle, contrôler l'offre et influencer les cours. La Thaïlande, premier exportateur mondial, prend l'idée au sérieux. Son premier ministre vient d'inviter la Birmanie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam à se joindre à un cartel sur le modèle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). La Thaïlande et le Vietnam voisin, à eux seuls, totalisent 50% des ventes mondiales. Même si l'idée d'une Organisation des pays exportateurs de riz (Oper) doit encore faire son chemin, elle est prise au sérieux par les importateurs. Le Japon, qui en importe 770 000 tonnes par année, et la Suisse, également grand importateur de produits agricoles, ont déposé mercredi une proposition de règles visant à limiter les restrictions aux exportations des produits alimentaires auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils demandent que toute interdiction ou limitation soit notifiée auprès du gendarme des échanges commerciaux. Les deux pays ont aussi agi parce que des restrictions aux exportations ont déjà été imposées par plusieurs pays, dont la Chine, l'Inde, le Vietnam et le Brésil. Autant dire que ces derniers ont froidement accueilli l'initiative helvético-nippone. Dans les pays industrialisés aussi, la tension est devenue palpable. Dernier symbole en date : certains supermarchés aux Etats-Unis, filiales du groupe de distribution Wal-Mart, souhaitent rationner leurs clients, qui achètent en gros, à 4 sacs de 9 kilos par personne. Le pire dans toute l'affaire est que même les perspectives sont peu optimistes. Les spécialistes du marché précisent que la spéculation joue un rôle plus important dans la flambée actuelle du riz que dans le cas d'autres matières premières, comme le maïs, le blé ou la graine de soja, qui reflètent davantage l'évolution de l'offre et de la demande mondiale. Les déséquilibres fondamentaux sont suffisamment importants pour pousser les prix vers le haut. Mais l'emballement actuel est aussi dû à l'opportunisme des investisseurs avides de rendements rapides. Une correction des prix est nécessaire donc probable. Un retour des prix vers le niveau de 20 $ est envisageable dans les mois qui viennent. Cependant, la tendance long-terme haussière est quant à elle très solide, car générée par des fondamentaux qui mettront des années à se rééquilibrer.
Dalila B/agences

 

 

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alliance au sommet

On se rappelle que le sommet arabe dédié à l'économie avait fait une déclaration à partir de Koweït. Le sommet a visé haut pour ce qui concerne l'économie mais cela fait déjà plus d'une année .  Le sommet  n'en avait  pas fait de même pour ce qui concerne les systèmes politiques, la politique extérieure, la politique de défense ni même la politique culturelle. Le sommet avait  tout de même visé haut. Il voulait une intégration économique. Serait-elle  possible, cette intégration économique sans intégration politique ? Une intégration économique arabe ?  Il demeure quand même le risque que cela ne constitue qu'une déclaration à effet d'annonce, comme on se souvient que pareille décision a été prise par les cinq pays qui voulaient construire le grand Maghreb. On parlait même au niveau officiel d'une carte d'identité maghrébine  qui suffirait aux Maghrébins de traverser les frontières des cinq pays du Maghreb.
Cela remonte tout  juste à juin de l'année  1988 à Zéralda. A ce jour, il semble que le projet de cette carte a été abandonné, tout comme le reste d'ailleurs. La question posée pour le projet du Grand Maghreb demeure d'actualité pour le monde arabe. Mais, il est devenu une certitude que de telles unions ne se conjuguent pas au futur mais au conditionnel. Il fut relevé quand même au Koweït qu'il y a des divergences politiques à dépasser, mais les " vraies " vérités sont tues car redoutées. On ne passe pas impunément des divisions révélées à Doha à l'unification des positions au Koweït. Ce sont quand même les mêmes pays avec les mêmes dirigeants.  Peut-il y avoir une intégration économique sans homogénéisation des systèmes politiques ? Sans homogénéisation des systèmes économiques et financiers ? Serait-elle appuyée par des populations qui n'en sont pas pour autant consultées ? Le pire pour l'avenir de ce qui se voudrait plus qu'un simple rapprochement, mais une union, est que  cela relève de purs discours qui n'engagent aucun pays. Dans les conditions où ne sont recherchés que les effets d'annonce, et où seul le présent compte pour donner un caractère positif au sommet, l'idée d'un monde arabe, que cela soit de politique, d'économie et encore moins de défense, demeurera à jamais discréditée et ne trouvera plus preneur. Quelle échéance pour ce projet ? Pourrait-il se réaliser sans commencer d'abord par effacer les divergences qui existent sur le plan politique ? Pourquoi le projet d'intégration ne serait il pas d'abord pris en charge dans les ensembles sous régionaux " arabes " qui ont le plus d'affinités à l'instar des pays du Golfe qui ont créé le Conseil de coopération du Golfe, sans aucune référence dans le sigle à son appartenance au monde arabe ?    
N.B.


 

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