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2008-05-15
Aliment de bétail
  L’OAIC instruit d'importer 300 000 tonnes d’orge
 

 

 

L'Office algérien  interprofessionnel des céréales  (OAIC)  a été instruit d'importer 300 000 tonnes d'orges destinés à l'alimentation de bétail  avec une subvention de 2 500 dinars le quintal  pour soutenir la filière élevage. C'est ce qu'a annoncé hier le ministre du Commerce El Hachemi Djaâboub en marge d'une intervention  au Sénat sur le marché de la viande ovine.Une mesure donc qui vient s'ajouter à celle prise il y a quelques jours en conseil des ministres et qui consiste en  la suspension des importations de la viande ovine.La décision de suspendre les importations de la viande ovine jusqu'au mois d'août prochain, annoncée par le gouvernement, renseigne sur les difficultés que rencontre l'élevage ovin en Algérie  Celui-ci traverse, en effet, une situation des plus menaçantes, depuis plusieurs semaines en raison de la faible pluviosité constatée ces deux derniers mois et de la cherté de l'aliment de bétail. Le gouvernement a fini donc par réagir  en prenant une série de mesures urgentes dont la suspension totale de l'importation de la viande ovine jusqu'au mois d'août 2008 et l'importation de l'orge, un des principaux aliments de bétail.Le gouvernement a distribué près de 450 000 quintaux d'orge aux éleveurs depuis janvier 2008 au prix de 1 550 DA le quintal alors que l'OAIC l'achète à près de 4 000 DA le quintal. Un effort insuffisant et qui n'a pas profité aux éleveurs. Le ratio de l'aliment distribué, notamment en période de sécheresse, est insignifiant. Le mouton a besoin de 800 à 1 000 g d'orge par jour, alors que le rationnement en cette période était fixé à seulement 400 g/jour par tête. Ainsi c'est une grande partie d'un cheptel de plus de18 millions d'ovins que compte l'Algérie, qui "ne mange pas à sa faim". Malgré les efforts déjà consentis par les pouvoirs publics, pour soutenir les prix de l'aliment de l'ovin, le marché parallèle, qui fait la loi, affiche des prix rarement égalés. Le coût de l'orge avoisine quant à lui les  3 500 DA le quintal, celui du foin 400 DA la botte de 15 kg et la paille 250 DA la botte. Cependant, avec les nouvelles mesures, la subvention de l'orge est de l'ordre de 2 500 DA comme l'a indiqué le ministre du Commerce. Aussi, des directives seront données aux collectivités locales  qui prendront en charge le contrôle et la distribution du produit. Quant au  gouvernement, il dégagera les moyens financiers nécessaires pour faire face aux mesures urgentes et préventives,  avait indiqué dernièrement un communiqué des services du chef du gouvernement, qui n'a pas donné de précisions sur les  montants exacts  qui seront dégagés, pour faire face à cette situation critique.Une situation qui a poussé, faut-il le rappeler, plusieurs éleveurs à liquider leur cheptel sur le marché, entraînant du fait une baisse des prix de la viande ovine, dans certaines wilayas.
Dalila  B.

 

 

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EDITO

Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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