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2008-06-21
Chakib Khelil, ministre de l'Energie et des Mines
  Le pétrole, Gazprom et l'Opep du Gaz
 

 

 
En marge de sa visite d'inspection à la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj, le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil a indiqué, au cours une conférence de presse organisée mercredi au siège de la wilaya en présence du wali, des membres du Conseil de sécurité et du président de l'APW, que les revenus pétroliers de l'Algérie pourraient atteindre les 80 milliards de dollars à la fin de 2008, " si les prix du pétrole se maintenaient à leur niveau actuel".  M. Khelil a indiqué par ailleurs qu'au premier semestre de l'année en cours, les recettes pétrolières ont atteint 40 milliards de dollars.
      
Le partenariat avec Gazprom n'est pas spécifique
Le contrat signé récemment entre la Sonatrach et le groupe russe Gazprom, n'est pas spécifique, selon M. Chakib Khelil. " Il s'inscrit dans le cadre de l'examen de la possibilité d'acquérir conjointement des ouvrages énergétiques sur le territoire de pays tiers et qui consistent notamment à acquérir des actifs énergétiques sur le territoire de pays tiers, à concevoir et à construire des pipelines de transport et de distribution ". Le ministre précise que Sonatrach a lié divers partenariats dans plusieurs pays. Il cite la Tunisie, l'Egypte, Staitoil en Norvège, le français Total en Mauritanie, Agip, société italienne au Mali. " Nous sommes ouverts à tous les partenariats dans la mesure où cela nous permet de considérer ce partenariat dans l'intérêt des deux parties ", précise-t-il  ajoutant que l'Algérie n'est pas un partenaire qui fait de la " politique ".  " Ce qui nous intéresse, c'est de gagner de l'argent dans ce partenariat. Et nous sommes présents en Afrique, en Amérique latine. Nous sommes ouverts à toutes les sociétés qui veulent nous accompagner dans ce partenariat à la seule condition qu'elles ramènent quelque chose. Il s'agit de trouver des avantages ; si nous sommes à l'international un peu partout, c'est qu'on trouve notre intérêt et dans ce cas là, le partenariat est plus stable. "
               
Opep du gaz, aucune idée
Le ministre a exclut toute idée de la création d'une l'Opep du gaz qui est associée par les médias à ce partenariat avec Gazprom. Il a indiqué que même la Russie ne voit pas cette idée de création du cartel du gaz dans l'avenir immédiat.Sur la même question, M. Chakib Khelil précise : " Nous avons mis en place des groupes de travail qui auront à se pencher sur le Forum des pays exportateurs de gaz pour essayer de le renforcer en mettant sur pied une organisation contraste qui n'existe pas jusqu'à présent (les contacts se sont limités à la réunion des différentes parties). Aujourd'hui, il s'agit de créer une organisation avec un budget et faire des études ". Il annonce à cet effet qu'une réunion est prévue à Moscou au mois d'octobre ou novembre prochain pour discuter de cette formule de " renforcer le forum des pays exportateurs de gaz ". Il est clair pour le conférencier que pour que ce forum soit vraiment efficace, il faut que l'Algérie, la Russie, le Qatar et la Norvège puissent jouer un rôle important. Ces pays sont les principaux exportateurs de gaz, mais il y a d'autres pays qui ont beaucoup de gaz qui n'est pas exporté. Il donne l'exemple de l'Iran et du Venezuela. Selon M. Chakib Khelil, ils ne jouent pas un rôle important sur le marché actuel du gaz, mais, ajoute-t-il, ils peuvent peut-être dans l'avenir s'inscrire dans cette perspective.

La réunion de Djedda entre producteurs et consommateurs, a été demandée par les Saoudiens
M. Chakib Khelil, qui assure la présidence de l'Opep, n'a pas voulu s'exprimer sur l'engagement de l'Arabie saoudite à augmenter encore sa production de pétrole au mois de juillet prochain. L'initiative saoudienne intervient, faut-il le rappeler, après deux relèvements précédents qui n'étaient pas parvenus à juguler la flambée des cours du baril. Concernant la tenue d'une réunion entre pays producteurs et consommateurs à Djedda au mois de juillet prochain,  M. Chakib Khelil note que cette rencontre a été demandée par l'Arabie saoudite pour discuter des prix. " Nous avons pensé que c'est une bonne idée de confronter les positions des uns et des autres. J'ai décidé d'y participer en tant que ministre de l'Energie de mon pays et non en tant que président de l'Opep. Je n'ai aucun mandat de l'Opep pour représenter ses membres à cette réunion ". Le président de l'Opep a précisé que le secrétariat de l'Opep a été invité à cette rencontre et va probablement proposer une "note qui va nous permettre d'éclairer les participants, et il va y avoir un débat". D'après lui, ce débat tournera sur l'idée soulevée par les pays consommateurs qui mettent en cause les pays producteurs pour l'insuffisance de leur production. " Pour les pays producteurs tous les arguments ont été démontrés, ce n'est pas la production qui fait défaut. La preuve, c'est que, vous venez de dire que l'Arabie saoudite va augmenter sa production et au lieu que les prix descendent, ils ont augmenté ", explique M. Chakib Khelil. Ce dernier met en cause plus la baisse de la valeur du dollar qu'autre chose. "Dès que le dollar baisse, le prix du pétrole monte et ainsi de suite, c'est devenu automatique". Il rappelle également les tensions géopolitiques qui influent également sur les prix du pétrole et la récente mesure prise par la Banque centrale européenne d'augmenter le taux d'intérêt directeur. Il explique cela comme un renforcement de la monnaie européenne par rapport au dollar. De l'avis de M. Chakib Khelil, les spéculateurs comprennent la valeur du taux d'intérêt de l'euro relevé par la BCE. Le prix du pétrole est monté de 121 à 139 dollars .Un facteur lié à la spéculation et à la situation géopolitique qui font actuellement la différence.

Le spéculateur est intelligent
Dans cette situation, les spéculateurs comprennent ce dessein : sachant que le prix allait augmenter, ils se sont lancés sur le marché. Pour faire bien comprendre son analyse, M. Chakib Khelil dit : "Il suffit de comparer les prix des six premiers mois de l'année 2007 avec les premiers six mois de l'année 2008. Il y a deux courbes, elles sont parallèles. Entre les prix de l'année 2007 et ceux de 2008, il y a 40 dollars de différence. Entre l'année 2007 et début de 2008, qu'est-ce qu'il y a eu lieu comme événement important ? Il y a eu en septembre, la crise économique des subprimes avec la dévaluation du dollar aux Etats-Unis, et l'introduction du bioéthanol sur le marché des produits. Ce deuxième événement important a eu des conséquences sur la production de gasoil. Le prix du gasoil est rapidement monté, le fait de cette hausse du gasoil a tiré le pétrole brut  derrière elle parce qu'il faut plus de pétrole pour avoir la même quantité de gasoil". Un événement qui d'après le ministre est souvent ignoré mais qui est très important. Tous ces facteurs, associés à la situation géopolitique, sont liés à la spéculation. "Le spéculateur est intelligent, il a un rôle important qui n'est pas toujours négatif. Les spéculateurs ont compris que la production de bioéthanol et les subprimes, allaient avoir des conséquences et ils sont prêts à gagner beaucoup d'argent ".

Le marché n'a pas besoin de pétrole
Pour le ministre de l'Energie, même s'il y a davantage de production de pétrole, il y a quelque fois absence de demande sur le marché. " Il est évident que le marché n'a pas besoin de pétrole. Qu'on nous ramène des acheteurs pour vendre plus de pétrole. Comment expliquer qu'avec la crise, il y a une demande qui s'affaiblie et d'un  autre côté on pousse à l'augmentation de la production. Ce n'est pas une question d'offre et de demande ; si c'était le cas, nous supposons que l'offre est plus importante que la demande, et le prix devrait descendre". La conclusion de M. Chakib Khelil sur ce problème, " c'est qu'on avance d'autres facteurs, à savoir qu'il n'y aura pas de pétrole dans quelque temps. Là, c'est un élément qui est apparu il y a trente ans, ce n'est pas quelque chose qui est apparu en 2008, depuis 1970 qu'on avance cette idée. Ce n'est pas un cas qui doit jouer un rôle important". Il argumente son explication en rappelant que lorsqu'il était à la Sonatrach, les prévisions soulignaient que dans 20 ans l'Algérie n'aura plus de pétrole. Cette anticipation, selon le ministre, a été avancée sans tenir compte de la technologie et de la découverte d'autres bassins. "Maintenant la technologie nous permet d'aller plus loin, il y a le pôle Nord qui va s'ouvrir avec le réchauffement, il n'y a plus de glace au pôle Nord du Canada et il y a déjà de l'exploration qui se fait". Les gains de la technologie ne vont pas se terminer aujourd'hui. Avec la technologie d'aujourd'hui, "on récupère 30 % de notre pétrole", affirme M. Chakib Khelil. Il souligne que les réserves de l'Algérie prouvées en 1971 sont aujourd'hui les mêmes et ce grâce, dit-il, à la technologie surtout.

Les prix des produits pétroliers et de l'électricité n'ont pas augmenté
Le ministre de l'Energie et des Mines, a précisé que ni les prix des produits pétroliers ni ceux l'électricité n'ont augmenté en Algérie. "On entend souvent des voix se plaindre que les prix n'ont pas augmenté (Sonelgaz et propriétaires de stations-service). Les prix de l'électricité, du gaz et des produits pétroliers sont les  moins chers de la région. Je compare cela aux pays qui ont le même revenu que l'Algérie" a-t-il conclu.
Ahmed Saber

 

 

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Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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