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2008-08-09
Emeutes à Sidi Aïssa
  4 morts et 62 blessés
 

 

 

La ville de Sidi Aïssa, située à moins de 90 km du chef-lieu de la wilaya de M’sila, a été secouée mercredi et jeudi derniers par de violentes émeutes, faisant quatre morts et 62 blessés, dont huit jeunes filles et plus d’une trentaine de véhicules incendiés. Selon une déclaration à la presse, du secrétaire général de la wilaya de M’sila, les faits remontent à  plus de deux semaines, le propriétaire de l’hôtel Naga de Sidi Aïssa a heurté avec son véhicule une personne âgée de 51 ans. La victime a rendu l’âme après son transfert vers un établissement hospitalier d’Alger.
Mercredi, une foule considérable s’assembla devant l’entrée de l’hôtel Naga composée en majorité de jeunes pour exprimer son mécontentement. La réaction des vigiles de l’établissement a été prompte. Ils ont utilisé leurs armes pour tirer sur la foule, causant la mort de trois émeutiers. La colère est montée d’un cran au sein des émeutiers. La foule se fraya un  chemin à l’intérieur de l’hôtel et les clients durent fuir pour échapper au danger.  Les émeutiers étaient prêts à tout. A l’aide de torches, ils ont mis le feu à l’édifice. Le propriétaire, qui tentait de s’opposer à la destruction de son bien, n’a pas échappé à la colère des manifestants. Ce dernier traîné sur plus de 300 mètres a été tout bonnement lapidé. Il a rendu l’âme sur les lieux. Jeudi, après l’intervention des forces de l’ordre, renforcées par des renforts des autres régions de la wilaya de M’sila, le calme est revenu alors que les blessés ont été évacués vers les infrastructures sanitaires de Sidi Aïssa, M’sila, Boussaâda et Sour El Ghozlane. Hier, la ville de Sidi Aïssa a repris son calme tandis que l’hôtel Naga, ne représente plus que des ruines au milieu des carcasses de voitures incendiées et d’autres matériels saccagés. On signale déjà l’arrestation d’une vingtaine de personnes soupçonnées d’être à l’origine de ces violences. Aussi, Le procureur général de la Cour de M'sila a ordonné jeudi l'ouverture d'une enquête et l'arrestation de toutes les personnes impliquées dans les évènements. Selon le communiqué du PG, les incidents ont éclaté suite au décès d'un citoyen qui a succombé à ses blessures au CHU Mustapha Pacha (Alger) après une dispute le 19 juillet dernier avec les gardiens de l'hôtel ''Ennaqa" - situé à l'entrée de la ville- et le fils du propriétaire. "Les faits, précise la même source, ont fait l'objet d'une enquête préliminaire diligentée par les services de la police judiciaire conformément aux instructions du parquet". Le communiqué du PG explique qu'au "retour des funérailles du citoyen décédé, la foule ayant assisté à l'enterrement s'est dirigée, à l'instigation de certains meneurs, vers l'hôtel pour procéder à sa fermeture et venger la personne décédée". "En dépit de l'intervention des services de sécurité qui ont tenté de disperser le groupe d'individus qui a fermé la RN8 à l'aide de barricades et de pneus incendiés, la situation s'est aggravée au point de devenir incontrôlable", précise encore la même source. "Le frère du propriétaire de l'hôtel et un gardien ainsi que des personnes suspectées d'avoir tiré de l'intérieur de l'hôtel ont été arrêtés et leurs armes saisies", poursuit le communiqué du PG qui fait également état de l'arrestation d'"individus en possession d'objets volés de l'hôtel qui a été pillé et son personnel agressé".
Ahmed Saber

 

 

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Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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