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2008-10-22 |
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Mauritanie |
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Nouakchott a un mois pour libérer le président renversé |
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 L'Union européenne a donné un mois à la Mauritanie pour libérer le président renversé en août, Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, faute de quoi elle pourrait rendre des sanctions contre le régime putschiste. Mohamed Ould Abdel Aziz, le chef de la junte, ancien chef de la garde présidentielle, qu'Abdallahi s'apprêtait à limoger, a jugé irréaliste le délai accordé par les Vingt-Sept et a rejeté toute ingérence étrangère dans les affaires mauritaniennes. "C'est un problème qui concerne les Mauritaniens avant quiconque", a-t-il déclaré à des journalistes à Nouakchott. La présidence française de l'Union européenne et un représentant de la Commission européenne ont rencontré, lundi, à Paris le Premier ministre mauritanien désigné par l'armée, Ould Mohamed Laghdaf, deux mois après le putsch du 6 août dernier.La réunion n'a pas permis de déboucher sur un accord. "L'Union européenne considère que le coup d'Etat survenu en Mauritanie le 6 août 2008 constitue une violation grave des éléments essentiels (...) de l'Accord de Cotonou", peut-on lire dans un communiqué publié par les autorités françaises. L'accord de Cotonou, qui lie les Vingt-Sept et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), prévoit des consultations en cas de violation de l'ordre constitutionnel. Dans son communiqué, l'Union européenne affirme qu'elle "n'a pas pu noter de propositions satisfaisantes". "Les propositions et engagements de la partie mauritanienne n'incluent pas une libération immédiate et sans conditions du président légitime et restent dans un cadre fondamentalement non-constitutionnel et illégitime sans perspectives de retour à l'ordre constitutionnel dans le court terme", peut-on lire. "A ce stade, l'Union européenne a besoin d'entendre le président", ajoute la présidence française, qui accepte toutefois de poursuivre les consultations pendant un mois. Si aucune solution satisfaisante n'est trouvée pendant cette période, des sanctions pourraient être prises par l'UE. En attendant, "les activités de coopération en cours seront limitées aux actions à caractère humanitaire ou bénéficiant directement aux populations et à la mise en oeuvre et aux paiements relatifs aux contrats déjà en exécution qui ne peuvent pas être interrompus", conclut la présidence française. Les Etats-Unis ont imposé vendredi dernier des restrictions de déplacement à l'encontre de certains membres de la junte militaire mauritanienne et du gouvernement. L'opposition mauritanienne a réagi favorablement lundi soir à la mise en garde européenne. "La junte n'a pas réussi à tromper l'Union européenne. L'UE laisse une dernière chance mais avec cet ultimatum nous espérons que la junte va se rendre compte qu'ils n'ont pas de perspectives, qu'ils sont dans une impasse", a déclaré Mohamed Ould Maouloud, qui dirige le Front national pour la défense de la démocratie. "Sans le retour de Sidi (Abdallahi), il n'y a pas de négociations possibles", a dit Boydiel Ould Houmeid, ancien secrétaire général de la présidence Abdallahi. |
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L'EDITION EN PDF |
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EDITO |
alliance au sommet
On se rappelle que le sommet arabe dédié à l'économie avait fait une déclaration à partir de Koweït. Le sommet a visé haut pour ce qui concerne l'économie mais cela fait déjà plus d'une année . Le sommet n'en avait pas fait de même pour ce qui concerne les systèmes politiques, la politique extérieure, la politique de défense ni même la politique culturelle. Le sommet avait tout de même visé haut. Il voulait une intégration économique. Serait-elle possible, cette intégration économique sans intégration politique ? Une intégration économique arabe ? Il demeure quand même le risque que cela ne constitue qu'une déclaration à effet d'annonce, comme on se souvient que pareille décision a été prise par les cinq pays qui voulaient construire le grand Maghreb. On parlait même au niveau officiel d'une carte d'identité maghrébine qui suffirait aux Maghrébins de traverser les frontières des cinq pays du Maghreb. Cela remonte tout juste à juin de l'année 1988 à Zéralda. A ce jour, il semble que le projet de cette carte a été abandonné, tout comme le reste d'ailleurs. La question posée pour le projet du Grand Maghreb demeure d'actualité pour le monde arabe. Mais, il est devenu une certitude que de telles unions ne se conjuguent pas au futur mais au conditionnel. Il fut relevé quand même au Koweït qu'il y a des divergences politiques à dépasser, mais les " vraies " vérités sont tues car redoutées. On ne passe pas impunément des divisions révélées à Doha à l'unification des positions au Koweït. Ce sont quand même les mêmes pays avec les mêmes dirigeants. Peut-il y avoir une intégration économique sans homogénéisation des systèmes politiques ? Sans homogénéisation des systèmes économiques et financiers ? Serait-elle appuyée par des populations qui n'en sont pas pour autant consultées ? Le pire pour l'avenir de ce qui se voudrait plus qu'un simple rapprochement, mais une union, est que cela relève de purs discours qui n'engagent aucun pays. Dans les conditions où ne sont recherchés que les effets d'annonce, et où seul le présent compte pour donner un caractère positif au sommet, l'idée d'un monde arabe, que cela soit de politique, d'économie et encore moins de défense, demeurera à jamais discréditée et ne trouvera plus preneur. Quelle échéance pour ce projet ? Pourrait-il se réaliser sans commencer d'abord par effacer les divergences qui existent sur le plan politique ? Pourquoi le projet d'intégration ne serait il pas d'abord pris en charge dans les ensembles sous régionaux " arabes " qui ont le plus d'affinités à l'instar des pays du Golfe qui ont créé le Conseil de coopération du Golfe, sans aucune référence dans le sigle à son appartenance au monde arabe ?
N.B.
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