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2009-07-01
L'élevage bovin laitier en Algérie
  Le poids des pratiques extensives
 

 

 
Un examen récent de la structure des élevages bovins en Algérie a permis de déceler une tendance à la modernisation des exploitations qui est, toutefois, contrariée par la prééminence des pratiques zootechniques extensives. Des progrès techniques sont progressivement intégrés dans les structures productives au niveau de certaines exploitations agricoles, selon le bureau conseil en developpement durable Gredaal. C’est le cas de la sole fourragère qui occupe une place de plus en plus importante dans les exploitations agricoles. L'insémination artificielle est progressivement adoptée par les éleveurs. Gredaal estime le taux de pénétration de cette technique à prés de 50% dans les élevages bovins laitiers. Malgré la montée en puissance des circuits formels de commercialisation du lait cru (Industries de transformations), force est de constater qu'au-delà des efforts indéniables développés, ici et là, la production et la collecte du lait cru tardent à se développer. Le taux d'intégration industriel de la production locale demeure faible (12%). Au delà de certains travaux, hélas éparses pour pouvoir espérer en tirer des conclusions déterminantes. Par ailleurs, la productivité laitière de certaines catégories de producteurs s'est significativement améliorée ces dernières années pour atteindre dans certains cas, limités il est vrai, un niveau de production annuel de 8 000 litres de lait par vache (région humide de Annaba). En dépit de ces évolutions vertueuses, l'élevage du bovin laitier reste handicapé par des contraintes structurelles. La forte atomisation de la structure foncière entrave le processus d'émergence d'exploitations laitières viables. La faiblesse de la superficie agricole des exploitations est explicative des obstacles à l'expansion des cultures fourragères et l'accroissement de la taille des troupeaux. En effet, la taille moyenne des élevages (moins de 10 vaches) reste modeste au regard des seuils de rentabilisation requis des investissements. L'élevage du bovin laitier moderne reste confronté à la faiblesse des superficies agricoles utiles des exploitations agricoles et de son corolaire, les difficultés d'expansion des superficies fourragères et de la taille des troupeaux. Cet état de fait explique certains phénomènes observés à l'instar du maintien d'un taux de jachère relativement important au niveau des exploitations agricoles en dépit de la localisation des exploitations dans des zones agro-écologiques favorables, le recours à la location des terres pour l'affouragement du cheptel laitier, le recours au marché des aliments du bétail et des fourrages (les concentrés en particulier). A l'exception de la pratique de l'insémination artificielle (50 %), il ya lieu de mettre en exergue plusieurs carences à savoir développement insuffisant des techniques de production des ensilages et des cultures fourragères intensives, faible maitrise de l'élevage des génisses, faible intégration des sous produits agro-industriels dans l'alimentation de troupeaux et enfin absence de diversification et extensification prononcée des cultures fourragères. En définitive, développer une production laitière bovine efficiente reviendrait à réunir les conditions objectives et favorables à l'émergence d'exploitations laitières bovines de taille viable (minimum de 30 vaches). La structuration d'industries de transformation puissantes susceptibles de diffuser le progrès et les innovations technologiques en direction des éleveurs dans le cadre de relations d'intégration contractuelle. Dalila B.

 

 

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EDITO

Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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