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2009-08-17
Alors que le secteur attend toujours une réelle reprise
  L'automobile attire les investisseurs arabes
 

 

 

L'automobile, c'est le créneau choisi par certains pays arabes pour investir des fonds au moment où le secteur subit de plein fouet les effets de la crise économique. Et même si une relative reprise est constatée durant le dernier trimestre en cours, suite aux mesures mises en place par les pays industrialisés, la relance totale n'est pas encore amorcée. Des paramètres qui n'inquiètent pas outre mesure les investisseurs arabes. En témoigne le montant important que compte injecter l'émirat du Qatar dans les constructeurs automobiles allemands Porsche et Volkswagen qui viennent de fusionner.

Au total ce sont quelques 7 milliards d'euros qui seront investis sous forme de prises de participation dans les deux entreprises. Qatar Holding, qui dépend du fonds souverain Qatar Investment Authority, a confirmé, dans un communiqué, que l'émirat avait pris 17% des actions de Wolkswagen et 10% des celles de Porsche, soulignant que cela "implique des engagements à investir plus de sept milliards d'euros". Le rachat des options à Porsche va dégager des liquidités d'un milliard d'euros, a précisé le constructeur, indiquant que son conseil de surveillance avait ratifié la transaction avec le Qatar. Ainsi, l'émirat doit, à terme, devenir le troisième actionnaire du nouvel ensemble automobile, derrière les familles héritières du magnat de l'automobile Ferdinand Porsche et l'Etat de Basse-Saxe.

L'Algérie, qui compte développer l'industrie automobile, a déjà suscité un intérêt particulier qui s'est matérialisé sous forme d'engagement. La semaine dernière, le fonds d'investissement public d'Abou Dhabi, Aabar Investments, a conclu un accord avec le gouvernement algérien et cinq firmes allemandes pour produire jusqu'à 10.000 véhicules par an en Algérie. Aabar Investments a, pour rappel, pris en mars dernier une participation de 9,1% dans le groupe automobile allemand Daimler. Outre Daimler, on retrouve la firme allemande MAN Ferrostaal, qui est contrôlée à 70% par la maison mère d'Aabar, l'International Petroleum Investment Company (IPIC). Il y a également Rheinmetall, le fabricant de moteurs Deutz et MTU Aero Engines Holding. Les travaux pourraient commencer en 2010 après la modernisation et le développement des usines de Tiaret, Aïn Smara et Oued Hamimine. Selon un journal d'Abou Dhabi, l'accord prévoit la création de trois joint-ventures dont l'une produira des véhicules militaires Mercedes. Le coût de l'investissement pourrait être de 720 millions de dollars, selon le journal Al-Rouaya Al Iqtissadia, citant le président d'Aabar, Khadem Al Qubaisi.

Celui-ci, contacté par les agences de presse après l'annonce de la nouvelle, s'est abstenu de confirmer ou d'infirmer le chiffre.

En tout état de cause, le projet est plus que bénéfique pour l'industrie algérienne qui s'est dotée d'une stratégie dans l'espoir d'amorcer un nouveau départ. Ce sont donc les investissements arabes qui pourraient donner un coup de fouet au secteur de l'automobile. Leur intérêt grandit de jour en jour.

Abdelghani M.

 

 

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EDITO

Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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