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2007-03-01 |
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Le gouvernement irakien approuve le projet de la nouvelle loi sur le pétrole |
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Les Etats-Unis raflent la mise |
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 Lundi, le cabinet du Premier ministre irakien Nouri Al Maliki à Baghdad a approuvé le projet de la nouvelle loi irakienne sur le pétrole. Le gouvernement le considère comme "un projet national majeur".
Mais ce qu'il omet de dire est que ce projet consacre désormais la mainmise américaine sur le pétrole irakien d'autant, qu'à ce stade, l'affaire est faite puisque son adoption en mars par le parlement ne sera que pure formalité. Les Etats-Unis se sont pressés de féliciter le Conseil des ministres irakien pour avoir approuvé ce projet de loi sur le pétrole qui prévoit, selon leur conception, une répartition équitable des revenus pétroliers entre les diverses communautés. L'adoption de cette loi était réclamée avec insistance par les Etats-Unis qui y ont subordonné la poursuite de leur soutien au gouvernement du Premier ministre Nouri Al Maliki. Mieux encore, cette loi n'a pas été rédigée, comme on pourrait le penser, par le gouvernement irakien mais par BearingPoint, une société étasunienne soudoyée par le gouvernement étasunien pour "conseiller" les autorités de Baghdad. Il convient de rappeler que cette société n'est pas à sa première implication en Irak. En juin 2003, BearingPoint a eu un contrat pour "faciliter la reprise économique irakienne" auquel s'est ajoutée une série de tâches assez délicates : rédiger le budget irakien, réécrire la loi sur les investissements, organiser la collecte des impôts, rédiger les nouvelles règles libérales pour le commerce et les douanes, privatiser les entreprises irakiennes, mettre fin à la distribution des denrées alimentaires à prix politiques, créer une nouvelle monnaie et fixer les taux de change.
C'est dire que cette société est derrière toute la stratégie US en Irak. Pour ce qui est de cette loi, elle s'écarte totalement de celles qui sont appliquées normalement dans la région et dans les pays en voie de développement. En effet, sous un système appelé "Production-Sharing Agreements", ou PSA, elle permet aux sociétés pétrolières de s'approprier 75 % des profits tant qu'elles n'auront pas récupéré les coûts supportés, pour ensuite descendre à 20%, à supposer que ce jour arrive. De plus, les contrats auront une durée trentenaire et si quelque gouvernement irakien à venir voulait changer de perspective et revendiquer la souveraineté de l'Irak sur son pétrole, il y aurait toujours des marines pour le rappeler à ses devoirs. Sans compter qu'en cas de controverses entre l'Etat irakien et les sociétés pétrolières, la souveraineté irakienne n'aura aucune valeur et les parties en présence devront avoir recours à un arbitrage international. La nouvelle loi irakienne serait la première de ce type jamais adoptée par un grand pays producteur de pétrole. Selon l'AIE, les PSA s'appliquent seulement à 12% des ressources mondiales de pétrole. Et cela dans le cas où les coûts sont très élevés, ce qui n'est certainement pas le cas de l'Irak. Aucun grand producteur de pétrole ne travaille avec les PSA. Au moment où la Russie et le Venezuela négocient tous, la Bolivie nationalise son gaz et l'Algérie et l'Indonésie adoptent de nouvelles règles pour leurs futurs contrats, le gouvernement irakien offre sur un plateau d'argent ses ressources pétrolières. Avec 115 milliards de barils de réserves sûres, la troisième dans le monde après celle de l'Arabie Saoudite et l'Iran, les ressources pétrolières de l'Irak constituent une formidable tirelire raflée par Bush et les conglomérats énergétiques américains, grâce à la bienveillance du gouvernement de Nouri Al Maliki.
Yacine B. |
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L'EDITION EN PDF |
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EDITO |
Une fatalité que la crise en Afrique?
A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ? Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance. Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales, savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions. Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge". N. B.
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