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2009-10-19
Sécurité alimentaire en Afrique
  Le Sahel peut nourrir les Sahéliens !
 

 

 
Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l'agriculture céréalière est capable de nourrir ses habitants, mais des problèmes de circulation de marchandises limitent l'accès aux aliments à toute une partie de la population. L'ONG Afrique Verte vient en aide aux filières agricoles nationales pour assurer un bon écoulement des denrées agricoles et contribuer à la souveraineté alimentaire des États. Afrik.com a rencontré ses représentants lors du Forum Entreprises/ONG organisé mercredi par l'association Alliés. Afrique Verte est une de ces expériences. Organisation non gouvernementale française, elle intervient dans les pays du Sahel que sont le Niger, le Burkina Faso et le Mali, pays fréquemment touchés par la sécheresse et la famine. La circulation des produits agricoles, est le seul gage de l'accès aux aliments. D'après les statistiques agricoles nationales des trois pays sahéliens de 2002 à 2006, la couverture moyenne des besoins alimentaires des populations par la production céréalière était de 116% au Burkina Faso, 94% au Mali et 99% au Niger, des chiffres relativement bons, voire excédentaires, qui n'ont pourtant pas réussi à empêcher les insuffisances alimentaires et les famines durant ces années. En cause, une mauvaise répartition des céréales et terres arables sur le territoire et la faiblesse de la circulation des produits. Les raisons d'être de l'action d'Afrique Verte au Sahel. " Nous intervenons au niveau du trafic des produits agricoles pour acheminer les céréales depuis les zones excédentaires du Sud, plus vert et agricole, vers les zones du Nord en demande, qui sont traditionnellement des régions pastorales ", résume Nicolas Lebeurier, Responsable communication et partenariats d'Afrique Verte. Persuadée que les Sahéliens peuvent nourrir le Sahel, Afrique Verte facilite ainsi depuis bientôt vingt ans les échanges locaux entre les paysans, pour trouver des débouchés et écouler leurs productions :mil, maïs, sorgho, riz, fonio... Les groupements d'intérêts des femmes du Sahel ont, comme les producteurs, un rôle essentiel dans la filière céréalière. Elles interviennent notamment au niveau de la commercialisation des céréales et de leurs débouchés. " Avec l'urbanisation, les habitudes alimentaires ont changé. Avec les horaires de bureau, la préparation des repas doit être rapide. Cela a entraîné des cas de malnutrition et de sous-alimentation dans les villes", explique Nicolas Lebeurier. Pour inverser la tendance, des commerçantes se sont donc mises à transformer elles-mêmes les céréales qu'elles achetaient, en produits à valeur ajoutée. " A partir des céréales, les femmes produisent du couscous arabe, de la pâte, de la farine de mil, de sorgho, de maïs, ce qu'on appelle produits transformés ", précise t-on. Les salaires de ces " transformatrices", comme on les appelle, sont comparables à ceux de cadres maliens : plus de 150 000 FCFA (deux cents euros) par mois, de quoi enrichir considérablement le quotidien de ces femmes et de leur famille. " Elles occupent une position sociale de choix au sein de leur famille, auprès de leurs proches, mais aussi au sein de leur communauté ", affirme Adama Aïssa Tall Coulibaly. " Certaines femmes ont désormais les moyens de participer activement au développement de leur village d'origine, où elles financent par exemple des puits. Elles accèdent ainsi à un rôle de leadership social et communautaire qui en a mené quelques-unes en politique notamment. Au-delà des satisfactions personnelles qu'elles tirent de leur travail, ces femmes contribuent à assurer la souveraineté alimentaire de leur pays. " Au final, les consommateurs qui achètent des produits transformés à ces femmes, achètent des céréales locales et c'est tout le pays qui y gagne en assurant sa souveraineté alimentaire", conclue le responsable communication d'Afrique Verte Nicolas Lebeurier. Selon ses représentants, Afrique Verte et ses filiales au Mali, Niger et Burkina Faso, ont permis l'échange de 26 000 tonnes de céréales au cours de la campagne agricole 2003-2004. Une action qui a favorisé jusqu'ici un commerce équitable Sud-Sud en permettant d'une part aux opérateurs d'accéder à des marchés et d'autre part d'améliorer concrètement la sécurité alimentaire dans les zones déficitaires, rurales et urbaines. Or, comme la plupart des ONG, l'association et ses filiales africaines ne roulent pas sur l'or. Le manque de fonds demeure encore le principal frein à l'accès à la souveraineté alimentaire de certains pays. Synthèse Dalila B.

 

 

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EDITO

Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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