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2010-02-14
15ème anniversaire du décès de l'écrivain Rachid Mimouni
  Colloque national les 15 et 16 février à Boumerdès
 

 

 
Le 12 février de l'année 1995, l'écrivain algérien d'expression française, Rachid Mimouni trépassait d'une foudroyante hépatite à l'hôpital Cochin de Paris. Pour célébrer le 15ème anniversaire de décès, la direction de la culture de la wilya de Boumerdès, la ville natale du défunt ? organise du 15 au 16 février un colloque national "Rachid Mimouni".
Ce rendez-vous littéraire aura lieu sous le thème générique de "Emploi du patrimoine populaire dans l'écriture romanesque algérienne". Autrement dit, des professeurs ainsi que des écrivains comme Z'hour Ounissi, Djilali Khellass et Abdelhamid Bourayou, auront à décrypter son œuvre du point de vue du patrimoine national. Outre ce thème générique, il y aura également des conférences-débats autour des sujet comme, "Anthropologie de conte populaire algérien et son avenir dans les études romanesques", "Patrimoine romanesque algérien à travers un spécimen d'étude" et "Présence du patrimoine populaire de la Kabylie dans le roman algérien"  etc…Rachid Mimouni mourra d'une longue maladie qu'il a longtemps tenue secrète. Comme tous les hommes qui laissent des traces, le fils de Boudouaou, s'est fait tout seul.
Lui qui est issu d'une famille de paysans pauvres, se devait de se faire en travaillant dur. Destiné, auparavant, à une carrière de scientifique, Rachid Mimouni s'adonnait à la littérature et inaugure ainsi sa carrière d'écrivain avec " Le printemps n'en sera que plus beau "  un roman écrit en 1971 et publié sept années plus tard. Après une licence en chimie obtenue en 1968 à l'ENS de Kouba, il poursuit des études de management à Montréal. De retour au pays, il enseigne l'économie à l'Inped, à l'Ecole supérieure de commerce et à l'Université d'Alger. Auteur d'une dizaine de livres, Rachid Mimouni a commencé par publier des poèmes et surtout des nouvelles (une vingtaine), notamment dans la revue Promesses. Pour la commémoration du décès de ce monument de la littérature algérienne  qui croyait " à l'intellectuel comme éveilleur de conscience, comme dépositaire des impératifs humains, comme guetteur vigilant prêt à dénoncer les dangers qui menacent la société "le colloque de Boumerdès parait minime vu les invités qui ne sont pas forcément des spécialistes de Mimouni. Son roman très réputé, " Le fleuve détourné, " a été adapté il y a trois ans au théâtre par  Hamida Ait El Hadj, une amie du défunt.  " Le fleuve détourné ", est d'ailleurs  qualifié par le défunt écrivain " roman de la prise de conscience " … Le journal Le Monde parlera même du " nouveau KAFKA". Au delà du fait que toute l'œuvre mimouniènne fait état de l'évolution des êtres dans un monde de fous en parfaite déliquescence, elle interroge, également, sans cesse les rapports étroits entre, " la tradition et la modernité ".  C'est le fil conducteur d'ailleurs de la plupart des écrits littéraires maghrébins, où les anciens sont révélés comme des " gardiens des temples et de l'honneur", alors que les autres regardent vers d'autres cieux. Il s'agit de ces questionnements dans son notamment, " L'honneur de la tribu ", un livre qui met en scène l'interaction entre une génération de patriarches, gardiens des traditions et de valeurs ancestrales, et les événements de l'histoire… Dans ce puzzle désordonné, Mimouni tente, savamment,  de remettre en question le mythe séculaire de la tradition, garante et gardienne  de valeurs authentiques ancestrales de bravoure et d'honneur de la société. Pour Mimouni, l'acte d'écrire s'apparente à une fonction hautement symbolique, "c'est un engagement moral " dira-t-il affirmant que l'écrivain est, avant tout, "témoin et conscience de son époque, de sa société, tant il est vrai que l'intellectuel va se définir par sa production … Il va dénoncer les maux d'une société, fustiger les injustices sociales  " en les poussant volontairement au noir". Auteur prolifique, (il a signé une dizaine d'œuvres) et récompensé par de nombreux prix littéraires, Mimouni reçoit, à titre posthume, le prix Albert Camus pour l'ensemble de son œuvre.
Yasmine Ben

 

 

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EDITO

Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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