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2008-02-07
Front social
  La protesta est de retour
 

 

 

Une nouvelle fois, la paix sociale est menacée par les mouvements de protestation menés par les syndicats autonomes.
Lors du point de presse hebdomadaire  du  ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, tenu ce mardi à Alger, ce dernier a souligné que  le gouvernement demeure ouvert au dialogue avec les partenaires sociaux, notamment pour la satisfaction des revendications socioprofessionnelles des travailleurs.
Dans sa réponse également à une question portant sur la position du gouvernement à propos de l'appel à la grève lancé par certains syndicats pour les prochains jours, il  a précisé que l'Exécutif "préfère, dans tous les cas, dialoguer avec les partenaires sociaux" au sujet des grèves, assurant que le gouvernement sera à l'écoute des préoccupations de toutes les franges de la société.
Depuis l'annonce de la nouvelle grille des salaires et le lancement de l'opération de mise en place des statuts particuliers des travailleurs de la Fonction publique, les syndicats autonomes n'ont pas cessé de dénoncer ces démarches.
Le gouvernement a, pour sa part, affirmé qu'il n'est pas question de revenir sur la nouvelle grille des salaires. Et afin de sauvegarder le pouvoir d'achat des travailleurs, il a préféré recourir aux subventions des prix de certains produits de large consommation. De son côté, l'intersyndicale, regroupant les syndicats de l'éducation (Cnapest, CLA, Satef, SNTE et Ceca), de l'administration (Snapap) et des paramédicaux (SNPEPM), appelle à la grève les 10, 11 et 12 du mois courant. Ayant rejeté les statuts particuliers qui devraient être bientôt adoptés, dont le chapitre concernant les salaires, les indemnités et la retraite, ces syndicats autonomes persistent et signent dans leur franche volonté de faire aboutir leur plate-forme revendicative. Outre l'augmentation conséquente des salaires, le CLA et le Cnapest, par exemple, réclament au nom des enseignants de l'éducation une retraite au bout de la vingt-cinquième année de service.
C'est le cas également de la Coordination nationale des syndicats autonomes qui prévoit, pour sa part, une grève nationale les 24 et 25 du mois courant. Elle regroupe douze syndicats autonomes, à savoir le Cnes, le SNCP, le SNPDSM, le SNMAM, l'Unpef, le Snapest, le SNTE, le SNPSP, le SNVPAF, le SNPSSP, le Snapap et le Satef.
La grève a pour objectif la revendication de la révision de la nouvelle grille des salaires ou l'identification d'un nouveau système d'indemnisation pour combler le déficit induit par la nouvelle grille des salaires de la Fonction publique. Par ailleurs, les sections syndicales des différentes entreprises de la zone industrielle de Rouiba menacent de sortir dans la rue si les responsables des entreprises ne leur versent pas les dernières augmentations des salaires, d'autant que les conventions de branche ne sont toujours pas finalisées alors que l'UGTA continue d'affirmer que c'est pour bientôt, comme c'est le cas pour l'élaboration des 44 statuts particuliers de la Fonction publique, dont le rapport final est attendu pour le 10 février.
L. I.

 

 

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Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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