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2008-04-01
La BAD et le Nepad lancent un appel aux bailleurs de fonds
  L’investissement dans l’hydraulique agricole est une nécessité en Afrique
 

 

 

Les investissements dans l’hydraulique agricole sont essentiels pour réaliser les Objectifs de développement pour le Millénaire. La Banque africaine de développement (BAD), le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (Nepad), et la Banque mondiale lancent un appel en vue de l’augmentation du financement et d’un engagement renouvelé en faveur de l’hydraulique agricole en Afrique, notamment l’irrigation, le drainage et la récupération de l’eau de pluie.Les représentants de la BAD, du Nepad et de la Banque mondiale ont lancé l’appel à l’issue d’une session spéciale sur la gestion de l’hydraulique agricole en Afrique, tenue à Tunis à l’occasion de la première Semaine africaine de l’eau. La réunion s’est penchée sur les défis posés par le développement de l’hydraulique agricole en Afrique et a examiné une proposition de nouvelle Initiative visant à relever le niveau des investissements et à assurer le financement plus fiable, plus soutenu et à plus grande échelle de l’hydraulique agricole, ainsi que la promotion du travail d’analyse et l’appui aux stratégies sectorielles dans ce domaine.L’initiative encouragera le partage du savoir, sa diffusion, et le renforcement des capacités. Elle lancera des produits et services innovateurs à l’appui de la gestion de l’hydraulique agricole et du développement durable, et promouvra l’intégration régionale, la coordination et les partenariats, et l’autonomisation des parties prenantes nationales et régionales.
Le dernier Rapport sur le développement dans le monde de la Banque mondiale indique que la croissance du secteur agricole en Afrique est indispensable pour assurer la réduction de la pauvreté et la réalisation des Objectifs du développement pour le Millénaire (ODM).
«On ne pourra pas faire l’économie de l’investissement stratégique public et privé dans le secteur de l’eau si l’on veut assurer l’intensification de la production agricole et la réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté et de relance de la production alimentaire et de l’économie d’ici à l’échéance de 2015», affirme Richard Mkandawire, conseiller pour l’agriculture du Nepad. «Dépendre de pluies irrégulières et incertaines pour la production agricole, c’est hypothéquer gravement la productivité des cultures dans la région», ajoute M. Mkandawire.
En réponse au désir du Nepad de voir mis en œuvre le Pilier 1 - gestion des terres et de l’eau - du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), la réunion de Tunis a examiné le document sur la stratégie de développement de l’hydraulique agricole : investir dans l’hydraulique agricole en vue de la réduction de la pauvreté et de la croissance économique en Afrique subsaharienne. Ce document a été conjointement préparé par la Banque mondiale, la BAD, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI). Le PDDAA vise, entre autres objectifs, l’augmentation de la zone de gestion durable des eaux en Afrique, en la portant de moins de 7 millions d’hectares actuellement à 20 millions d’hectares.
«Le développement des ressources en eau et de l’infrastructure rurale figurent au nombre des secteurs prioritaires clés de la BAD en Afrique. Le portefeuille agricole en cours de la Banque africaine de développement comprend 240 projets dans 28 pays, pour un investissement total de 3 milliards de dollars.
Plus d’un tiers du portefeuille d’investissement, à savoir 1,37 milliards de dollars, est affecté au développement de l’hydraulique agricole, dans le cadre de 53 projets et programmes dans 23 pays africains», a déclaré Aly Abou-Sabaa, directeur du département de l’agriculture et agro-industrie de la BAD. «L’initiative vient à point nommé eu égard à la montée des prix des denrées alimentaires à travers le globe, et la Banque mondiale est résolue à faire des investissements à concurrence de 1 milliard de dollars dans des projets viables d’hydraulique agricole durant les cinq  prochaines années», explique-t-on.
Dalila B/agences

 

 

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Une fatalité que la crise en Afrique?

A chaque crise qui survient dans un pays africain, la tendance des analystes est à approcher cette crise sous l'angle  de la conflictualité généralisée ou généralisable à tout le continent. A chaque fois qu'est fait un zoom sur les implications d'une  crise intra étatique , un zoom est effectué sur les problèmes politiques, sur les ambitions de pouvoir, mais pas sur les problèmes économiques. Nous en sommes encore à parler d'efforts à fournir dans la création d'un climat favorable aux investissements. Où en sont les débats si tant est que ceux-ci existent dans chaque pays africain ?
Ce ne sont pas des élites économiques qui manquent mais ne sont mises en évidence que les " élites " politiques. Il existe de façon globale en Afrique des élites capables de tirer leur pays vers le développement. Il existe assez de compétences dans certains pays pour les mettre à la disposition des pays qui en manquent, Elles sont prêtes à le faire et à le réussir dans le cadre d'un climat apaisé, sous la double condition de mettre en place un système politique dans lequel  l'accès au pouvoir soit basé sur la citoyenneté et non sur l'appartenance à des communautés ou des ethnies différenciées les unes par rapport aux autres et de la garantie que soient respectées l'alternance.  Combien sont-ils les entrepreneurs africains, privés ou publics, en dehors du secteur de l'énergie, à se rassembler pour parler du climat d'affaires en Afrique ? Ce ne sont pourtant pas les intentions politiques  exprimées par des "politiques" qui ont manqué, en particulier les rencontres Sud-Sud entre les dirigeants politiques. Ceux qui avaient initié le Nepad avaient de grandes ambitions pour l'Afrique, mais le Nepad est dépendant des volontés internationales,  savoir accepter d'en faire un interlocuteur et de passer par lui pour toutes les aides publiques fournies en particulier par le G8 avant que celui-ci soit porté à 20 membres, pour constituer le G20. On ne voit pas d'entreprises africaines investir en dehors de leur pays, pas d'entreprises africaines tentant, ou simplement voulant, se redéployer à travers le continent africain. Entre pays africains, les échanges de discours sont d'abord d'ordre politique, puis économique dans de faibles proportions.  Manque de ressources d'une façon globale ? Et pourtant, les ressources contenues dans le sous sol africain pourraient faire amorcer le développement du continent et même le mener à bon port. Pourquoi se perpétue le recours aux coups de force, alors que l'Union africaine a déclaré ne plus reconnaître les coups d'Etat? Qu'en est-il des relations économiques ou simplement commerciales entre les pays africains ? Qu'en est-il de la disponibilité des moyens de prévenir les confits ou quand ils sont apparus de les gérer et de gérer ainsi la révolte des jeunes qui craignent à la fois de ne pas trouver chez eux les conditions de leur épanouissement, (au minimum un emploi durable). L'Afrique représente le dixième de la production mondiale de pétrole et 7% des réserves mondiale, ce qui n'est quand même  pas rien. Il est bien évident que se pose ainsi la question de savoir pourquoi avec de telles richesses l'Afrique est encore le continent le plus pauvre. L'Afrique ne possède pas que du pétrole. Le taux de croissance de nombreux Etats est tiré vers le haut par les exportations de pétrole ou parcelles des métaux (or, aluminium, cuivre, fer, platine…) tandis que ceux qui comptaient sur les exportations de produits agricoles ont vu leur taux de croissance tiré vers le bas. Pour ce qu concerne les pays pétroliers, il se pourrait que certains d'entre eux relâchent leurs efforts dans la conduite des réformes économiques et les négociations d'entrée dans l'OMC, du fait qu'ils disposent d'une marge de manœuvre assez large en "n'ayant plus le couteau sous la gorge".
N. B.

 

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